L’Hortus, mythes et symboles

 

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Des cinq espaces composant le jardin médiéval, l’hortus est essentiellement consacré aux nourritures du corps.Dans la société médiévale, l’un des aspects majeurs de la santé pour l’homme est l’art du bien manger. Le diaita grec (mode de vie) deviendra la diététique.

 

Il existe au Moyen-Age, dans les principes de l’alimentation, une hiérarchie des aliments en fonction des classes sociales ainsi qu’une correspondance avec les quatre éléments : air, feu, eau, terre. Les créatures de l’air (volatiles) s’élevant au-dessus du sol seront la nourriture de la noblesse, ensuite les animaux mobiles se déplaçant à la surface de la Terre (élément feu) et ceux de l’élément eau (poissons, crustacés) les repas des nobles et bourgeois. Enfin ce qui vient de dessous terre ou pousse au ras du sol (légumes racines, légumes feuilles et légumineuse) seront pour les humbles.

 

Mais, comme nous le disait Jean Marie Pelt : « Si l’aliment fondamental de toutes les classes sociales est d’abord le pain, les légumes du potager en constituent l’indispensable complément.» Et, santé oblige, nos légumes vont gagner leur titre de noblesse et signer de leur bienfaisante présence nombre de recettes.

 

L’hortus procure aussi une autre nourriture, subtile, qui alimente l’émotionnel, l’imaginaire et que l’humain reçoit au-delà de l’intellect : c’est le symbole. Omniprésent dans notre quotidien, à qui l’apprivoise et sait le percevoir, le symbole est comme un clin d’œil de l’invisible et un rappel constant que l’homme n’est pas que matière et densité, mais aussi esprit et âme.

 

Notre hortus va révéler à l’observateur attentif ses messages substantatoires par l’intermédiaire d’une symbolique qui s’exprimera dans la couleur, la forme, le mythe, la légende, l’anecdote.

 

Découvrons ensemble un premier symbole du jardin, celui de la couleur verte. En Égypte antique, le vert dont le hiéroglyphe est un papyrus, est dédié au dieu Ptha, le créateur. Le vert préside à la création du monde, il représente la naissance, la régénération. C’est la couleur de la vie et de l’espérance. Il s’associe également à d’autres dieux tels le Lug gaulois, Mercure-Thot ou la planète Vénus. C’est le sinople de l’héraldique représentant champs, prés et pâturages, mais surtout la virilité spirituelle, la joie d’une âme qui sait « rester verte » et aussi la guérison. Le prophète Élie était surnommé le verdoyant. Dans l’iconographie chrétienne, la croix est souvent représentée en vert, en arbre de vie qui portera les fruits de la Foi. Celui qui arbore le sinople dans ses armoiries doit exprimer la candeur de l’enfance ainsi que la compassion et la courtoisie. À suivre.